Le SEO indépendant compte peu de figures capables de peser au niveau national depuis une ville hors Paris. Julien Jimenez, consultant SEO installé à Lyon, en fait partie. Depuis 2018, sa plateforme de netlinking NextLevel.link revendique plus de 20 000 sites utilisateurs et environ 2 millions de liens orchestrés, des chiffres qui ont construit sa réputation dans le secteur. Sur le site julien-jimenez.com, il présente en parallèle une spécialité plus discrète que le netlinking qui a fait sa signature : Google Discover. Elle y figure aux côtés de l’audit SEO complet, du SEO technique et de la stratégie de contenu, mais reste, dans sa présentation, l’une des moins courantes du secteur.
Ce que change Google Discover pour le trafic mobile
Google Discover n’est pas un moteur de recherche. C’est un flux de recommandations qui apparaît sur mobile, dans l’application Google et sur certains navigateurs Android, sans qu’aucun mot-clé n’ait été tapé. L’algorithme pousse des articles jugés pertinents selon l’historique de navigation, les centres d’intérêt et des signaux de qualité éditoriale : image en grand format, titre non racoleur, fraîcheur du contenu. Un site peut y capter plusieurs milliers de visites en quelques jours, puis disparaître du flux tout aussi vite, sans avertissement ni explication détaillée de la part de Google. C’est un canal réputé volatil, que personne ne peut garantir avec certitude, à la différence d’un positionnement stable sur une requête précise où le suivi de position reste lisible dans le temps. C’est justement cette instabilité qui explique la place à part que Julien Jimenez lui réserve, à côté du netlinking, de l’audit 360 et du SEO technique, dans la liste de ses domaines d’intervention.
Un créneau que peu de consultants occupent
Peu de référenceurs français en font une spécialité affichée. Le travail suppose de comprendre des mécaniques qui échappent aux outils classiques de suivi de position, puisque Discover ne se mesure pas requête par requête. Cela demande du temps, une équipe formée et une culture éditoriale que toutes les agences n’ont pas construite. Julien Jimenez évoque, dans une interview accordée à e-works.fr, une difficulté plus large du métier : « En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi. » Son agence, Korleon’Biz, fondée au début des années 2010, a compté son premier salarié en 2013 et une dizaine en 2016, avec des références comme CuisineAZ et 1001Pharmacies. L’équipe, en grande partie à distance, se retrouve régulièrement lors de séminaires, un format qui facilite la transmission de compétences pointues comme Discover.
Un profil forgé depuis la fin des années 2000
Dans la communauté SEO, Julien Jimenez reste identifié sous le pseudonyme Korleon, hérité de son blog korleon.fr et de ses comptes Twitter successifs, @korleon38 puis @KorleonKBiz. Il a été invité du podcast de Laurent Bourrelly, consultant SEO actif depuis 2004, ce qui situe son parcours dans une génération de référenceurs qui a vu Google évoluer bien avant l’apparition de Discover. Jimenez dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web » : il a commencé jeune, au point de totaliser déjà une douzaine d’années de métier vers 28 ans. Dès 2007, il positionnait des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google, avant de se déclarer consultant indépendant en 2009. Cette ancienneté explique en partie pourquoi il aborde un canal aussi récent que Discover avec la prudence d’un technicien plutôt qu’avec les promesses habituelles du secteur.
Une méthode en trois temps
Sur Discover comme sur ses autres missions, Jimenez présente une méthode découpée en trois étapes :
- audit et stratégie, pour cartographier l’existant ;
- mise en œuvre, avec les ajustements techniques et éditoriaux ;
- croissance mesurée, suivie dans la durée.
Cette structure reflète un profil davantage technique que promotionnel : vitesse, indexation, balisage. On la retrouve aussi dans ses interventions publiques, comme la conférence « La ténacité au service de la passion » donnée à Webisland, le 7 avril 2023 à la Warehouse de Nantes, ou sa participation à SEO By Night à Orléans, le 13 avril, aux côtés de Romain Miikula pour la séance de questions. Il propose par ailleurs des formations SEO et compte 14 recommandations LinkedIn d’experts du secteur, deux signes d’une reconnaissance construite par les pairs plutôt qu’annoncée.